Plomberie

Raccord de plomberie sans soudure : les 4 techniques

Compression, instantané, à sertir ou à glisser : ce qui se démonte, ce que ça coûte, et la seule famille admise dans une cloison ou sous une dalle.

Mis à jour le 4 septembre 2026

Faire un raccord de plomberie sans soudure, c'est assembler deux tuyaux sans flamme : au lieu de fondre le métal, on serre, on clipse ou on écrase une bague sur le tube. C'est comme les attaches d'un vêtement. Le bouton se défait quand on veut, la couture ne se défait plus. Un raccord qui se démonte doit rester visible ; celui qu'on enferme dans un mur ne doit plus jamais pouvoir se desserrer.

En bref

En bref : quatre familles se passent de chalumeau. La compression (bicône) se serre à la clé, se démonte, coûte le moins cher. L’instantané se clipse en trois secondes, se démonte aussi, coûte le plus cher à l’unité. Le sertissage écrase une bague à la pince, ne se démonte plus, demande un outil à plusieurs centaines d’euros. Le glissement enfile une bague à force sur le PER. Le critère qui tranche n’est ni le prix ni la facilité : seul un assemblage indémontable (soudé, collé ou serti) peut être encastré dans une cloison ou sous une dalle.

Souder au chalumeau n’est plus le passage obligé de la plomberie. Quatre techniques assemblent aujourd’hui cuivre, PER et multicouche sans flamme, et le choix entre elles se joue moins sur la difficulté que sur une contrainte que beaucoup découvrent trop tard : ce que tu as le droit d’enfermer dans un mur.

Les quatre familles en un tableau

TechniqueOutilSe démonteCoût du raccordEncastrable
Compression (bicône)Deux clésOuiLe plus basNon
Instantané (push-fit)AucunOuiLe plus élevéNon
SertissagePince à sertirNonMoyenOui
Glissement (PER)Pince à glissementNonMoyenSelon l’avis technique

La colonne qui commande est la dernière, et elle découle directement de l’avant-dernière : un raccord qui se démonte est un raccord qui peut se desserrer, donc fuir là où personne ne le verra.

La règle qui décide à ta place

Les DTU de plomberie ne raisonnent pas en marques ni en techniques, mais en assemblage indémontable : un assemblage l’est quand on ne peut dissocier le tube du raccord qu’en coupant le tube. Trois familles répondent à cette définition, soudé, collé et serti, et ce sont exactement celles qui sont admises dans une saignée, une cloison ou sous un dallage.

Tout le reste doit rester visitable, c’est-à-dire accessible sans casser quoi que ce soit : sous un meuble, dans un coffrage démontable, derrière une trappe. Un raccord à compression posé proprement dans une cloison ne fuira peut-être jamais, mais il est hors des règles de l’art, et c’est le premier point qu’un assureur regardera après un dégât des eaux.

Cette contrainte simplifie beaucoup le choix : réseau neuf enterré dans les murs, ce sera du serti ; réparation ou raccordement d’appareil en apparent, tout est ouvert.

La compression, la moins chère et la plus tolérante

Le raccord bicône serre une bague conique sur le tube au moyen d’un écrou. Il ne demande que deux clés, il pardonne un tube coupé légèrement de travers, et il se démonte autant de fois qu’on veut, à condition de changer la bague.

C’est le choix par défaut pour raccorder un appareil, remplacer un tronçon accessible ou intervenir dans un placard. Deux réflexes suffisent : serrer franchement mais sans forcer au point d’écraser le tube, et ne jamais l’enfermer.

Attention à ne pas confondre cette bague avec un joint : sur un bicône, c’est le métal déformé qui étanche, pas une rondelle. Sur un raccord à écrou classique, en revanche, tout repose sur le joint plat écrasé entre les deux faces, et ce n’est ni la même pièce ni le même geste.

Le matériel

L’instantané, pour la réparation qui ne peut pas attendre

Un joint torique et une couronne de dents en inox mordent le tube dès qu’on l’enfonce. Aucun outil, quelques secondes, et ça tient sur cuivre, PER et multicouche indifféremment.

Son prix à l’unité en fait une mauvaise idée pour un réseau complet, mais une excellente pour une fuite un dimanche soir. La condition est le tube : coupé d’équerre, ébavuré, propre. Un tube ovalisé par une pince coupante ne se rattrape pas, et c’est la cause de presque toutes les fuites sur ce type de raccord.

Le sertissage, le standard du neuf

Une pince écrase définitivement une bague métallique sur le raccord. Le résultat est indémontable, donc encastrable, et c’est aujourd’hui la façon dont se montent la quasi-totalité des installations neuves.

Le frein est l’outil : compter plusieurs centaines d’euros pour une pince et ses mâchoires, ce qui ne se discute que sur un chantier entier. En dessous, la location à la journée revient bien moins cher, et beaucoup d’enseignes prêtent la pince contre l’achat des raccords.

Deux points de vigilance : le profil des mâchoires (TH, U, H selon le fabricant du raccord) n’est pas interchangeable, et un sertissage raté ne se rattrape pas, il se coupe.

Le glissement, la spécialité du PER

Une bague est poussée à force par-dessus le raccord, qui comprime le tube sans aucun joint. Pas de joint signifie pas de vieillissement du joint : c’est l’argument principal de la technique.

Elle demande sa propre pince et reste cantonnée au PER et à certains multicouches. Comme le sertissage, elle est indémontable, mais vérifie l’avis technique du système que tu poses avant de l’encastrer : c’est ce document, propre à chaque fabricant, qui fait foi.

Choisir en deux questions

Est-ce que ça va être enfermé ? Si oui, serti (ou soudé, ou collé selon le matériau), et la discussion s’arrête là. Si non, tout est permis.

Combien de raccords ? Sous une dizaine, la compression ou l’instantané évitent d’investir dans un outil. Au-delà, l’écart de prix par raccord finance largement la location d’une pince.

Le reste est affaire de tube et de taille, et c’est là que se joue l’autre erreur classique : croire qu’un raccord d’un demi-pouce mesure un demi-pouce. La correspondance entre pouces, millimètres et DN ne se devine pas, elle se lit dans un tableau.

Calcule ton chantier

Tes mesures, ta liste de matériel : on l'ajuste à ton chantier, à cocher en magasin.

Diamètre extérieur du filetage, de crête à crête

Le joint adapté en dépend

Il te faut

15/21 (1/2")

Usage courant : le standard robinetterie : flexibles sanitaires, mitigeurs, entrée du robinet machine à laver, corps du robinet de jardin

Mesure au pied à coulisse : 20,2 à 21,2 mm (diamètre extérieur du filetage, de crête à crête)

Joint : joint fibre 15/21 (ou EPDM si tu démontes souvent)

Contre-vérification : recouvre quasi exactement une pièce de 5 centimes (21,25 mm)

Conseil : Raccord à écrou : l'étanchéité se fait par le joint plat écrasé entre les deux faces, pas dans le filet. Pas de téflon là-dessus. Le joint fibre se remplace à chaque démontage.

Ta liste de matériel

Questions fréquentes

Peut-on faire de la plomberie sans savoir souder ?

Oui, et c'est même le cas de la majorité des installations neuves aujourd'hui. Quatre familles de raccords se passent de chalumeau : la compression (bicône), l'instantané, le sertissage et le glissement. La soudure garde un avantage de prix sur le cuivre apparent, mais elle n'est plus une condition d'entrée dans le métier.

Quel raccord peut-on enfermer dans une cloison ?

Uniquement un assemblage indémontable, c'est-à-dire qu'on ne peut dissocier du tube qu'en le coupant : soudé, collé ou serti. Les raccords à compression et les instantanés sont démontables, donc interdits en encastré et sous dallage. C'est la règle qui départage vraiment les quatre techniques, bien avant le prix ou la facilité.

Le raccord instantané tient-il vraiment dans le temps ?

Oui, sur un tube coupé d'équerre, ébavuré et enfoncé à fond, avec le joint torique intact. Ses limites ne sont pas sa tenue mais son statut : il reste démontable, donc il doit rester accessible, et il coûte nettement plus cher à l'unité que les autres familles. C'est la solution des réparations et des petits ajouts, pas d'un réseau complet.

Faut-il acheter une pince à sertir pour un seul chantier ?

Rarement. Une pince à sertir avec ses mâchoires représente plusieurs centaines d'euros, ce qui ne se justifie pas sous quelques dizaines de raccords. La location à la journée existe chez la plupart des loueurs, et beaucoup d'enseignes la prêtent contre l'achat du matériel. C'est le même arbitrage que pour toute machine utilisée une fois.

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