Carrelage

Carrelage : les coupes et les finitions qui font tout

Poser les carreaux du milieu est la partie facile. Ce guide traite ce qui se voit vraiment : coupes, joints, seuils, plinthes et nettoyage final.

9 étapes · 2 calculateurs

Poser des carreaux au milieu d’une pièce est la partie facile du carrelage. Ce qui distingue un chantier réussi d’un chantier bricolé se joue sur les bords : les coupes le long des murs, le raccord d’un seuil, l’alignement des plinthes sur les joints du sol, et ce voile blanchâtre qu’on n’a pas retiré à temps.

En bref

Les décisions se prennent avant de coller : déposer ou poser par-dessus, quelle largeur de joint, quel système de calage. Viennent ensuite les coupes, puis les points singuliers, seuils, nez de marche et plinthes, qui se raccordent tous aux joints du sol. Le chantier se termine par le voile de ciment, à retirer dans les jours qui suivent et non des semaines plus tard.

Les décisions qui ne se rattrapent pas

Trois choix sont faits avant le premier carreau collé, et aucun ne se corrige ensuite.

La dépose ou non de l’ancien sol conditionne la hauteur finale, donc les portes, les seuils et parfois les plinthes existantes. La largeur de joint commande le calepinage complet : la changer en cours de pose décale toutes les coupes. Le système de calage se décide avec le format des carreaux, parce qu’un grand carreau bouge et qu’un croisillon simple ne le rattrape pas.

Les coupes se préparent, elles ne s’improvisent pas

Une pièce se calepine pour que les coupes tombent aux endroits les moins visibles, et pour éviter la bande étroite le long du mur d’entrée. C’est un calcul de cinq minutes qui change l’aspect final d’une pièce entière.

L’outil suit la nature du carreau : une faïence se raye et se casse à la main, un grès cérame pleine masse demande la disqueuse ou la coupe à eau. Un percement pour une canalisation ne se fait avec aucun des deux.

Les points singuliers, là où tout se voit

Seuils, nez de marche et plinthes ont un point commun : ils se raccordent au sol déjà posé, donc leurs joints doivent tomber sur ceux des carreaux. Un décalage de quelques millimètres se lit immédiatement le long d’un mur, alors qu’il passerait inaperçu au milieu de la pièce.

C’est aussi là que le carrelage s’abîme le plus : une arête de marche prend tous les chocs, et elle se répare mal.

Finir, et prévoir la suite

Le voile de ciment est la dernière étape, et la plus négligée. Il apparaît en séchant, ternit l’ensemble, et se retire d’autant plus facilement qu’on s’y prend tôt.

Dernier réflexe, celui que personne n’a le jour de la pose : garder une dizaine de carreaux de la série. Les teintes varient d’un lot à l’autre, et un carreau fendu dans deux ans ne se remplace proprement qu’avec un carreau du même bain.

Le chantier, étape par étape

  1. Décider si on dépose l'ancien carrelage

    Poser par-dessus évite la dépose, au prix de quelques centimètres et de conditions précises.

    Voir la fiche : Poser du carrelage sur du carrelage existant ›
  2. Fixer la largeur de joint

    Elle se décide avant la pose : elle commande les croisillons, le calepinage et la quantité de mortier.

    Voir la fiche : Largeur de joint de carrelage et quantité de mortier ›
  3. Choisir son système de calage

    L'autonivelant rattrape les différences de niveau entre carreaux, le classique se contente d'espacer.

    Voir la fiche : Croisillons autonivelants ou classiques : lesquels choisir ›
  4. Réussir les coupes

    Coupe droite, coupe en L, percement : trois outils différents, et un grès cérame ne se coupe pas comme une faïence.

    Voir la fiche : Couper du carrelage : quel outil pour quelle coupe ›
  5. Le cas des lames imitation parquet

    Un décalage d'un tiers, jamais de moitié : sur un carreau long, le bombé crée un ressaut au milieu.

    Voir la fiche : Poser du carrelage imitation parquet sans ressaut ›
  6. Traiter les seuils et les marches

    C'est l'arête la plus exposée du chantier, et celle qui se répare le plus mal.

    Voir la fiche : Poser un nez de marche sur du carrelage ›
  7. Poser les plinthes

    Elles reprennent les joints du sol, sinon le décalage saute aux yeux le long du mur.

    Voir la fiche : Poser des plinthes en carrelage sans se rater ›
  8. Enlever le voile de ciment

    Ce voile mat qui apparaît en séchant se retire facilement les premiers jours, difficilement après.

    Voir la fiche : Enlever le voile de ciment sur un carrelage neuf ›
  9. Savoir réparer plus tard

    Garder quelques carreaux de la série évite de tout redéposer le jour où l'un se fend.

    Voir la fiche : Remplacer un carreau cassé sans toucher aux voisins ›

La liste de courses du chantier

Tout le matériel pour finitions carrelage est rassemblé ici, depuis les 9 étapes du chantier et sans doublon : un article qui sert à plusieurs étapes n'apparaît qu'une fois. Coche ce que tu as déjà, ajoute le reste à ta liste. Les quantités affichées sont des ordres de grandeur repris des fiches. Pour obtenir les tiennes, les calculateurs du chantier partent de tes mesures.

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  • Surfaces propres, sèches et dégraissées à l'alcool isopropylique (jamais d'acétone sur du polystyrène ou un plastique sensible).
  • La prise à coeur est lente sur un joint épais : ne charge pas à fond avant 24 à 48 heures.

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Questions fréquentes

Pourquoi les finitions comptent-elles plus que la pose ?

Parce que ce sont elles qu'on regarde. Le champ de carreaux au milieu d'une pièce est la partie la plus simple et la plus rapide ; ce qui trahit un chantier d'amateur, ce sont les coupes le long des murs, les seuils mal raccordés, les plinthes décalées des joints du sol et le voile de ciment jamais retiré.

Faut-il déposer l'ancien carrelage avant de poser ?

Pas nécessairement. Poser sur l'existant fait gagner un temps considérable et évite les gravats, à condition que l'ancien sol soit sain, bien collé, plan et que la surépaisseur reste compatible avec les portes et les seuils. Un carrelage qui sonne creux ou se décolle par endroits, en revanche, se dépose.

Quelle largeur de joint choisir ?

Elle dépend du format du carreau, du support et de l'endroit. Un joint plus large pardonne les écarts de dimension entre carreaux et absorbe mieux les mouvements ; un joint fin fait plus contemporain mais exige des carreaux rectifiés et un support très plan. C'est une décision à prendre avant d'acheter les croisillons, pas pendant la pose.

Quand enlever le voile de ciment ?

Le plus tôt possible après la prise des joints, généralement dans la semaine. Un voile récent part avec de l'eau claire et une éponge, parfois un produit doux. Laissé plusieurs semaines, il se durcit et demande un décapant acide, plus agressif pour les joints eux-mêmes.